Blog · 21 mai 2026

Cloud pour les start-ups africaines : Opportunités et challenges en 2026

LeCloudFacile

Pourquoi le cloud est l’infrastructure de la prochaine décennie africaine — et comment en tirer parti malgré les obstacles.

Il y a dix ans, lancer une start-up en Afrique nécessitait des investissements massifs en infrastructure : serveurs physiques, salle machine climatisée, techniciens dédiés. Seules les grandes entreprises et les banques pouvaient se le permettre.

En 2026, tout a changé. Une start-up lancée à Abidjan ce matin peut avoir la même infrastructure cloud qu’une entreprise du CAC 40 : déployer en quelques minutes, scaler en quelques secondes, et payer uniquement ce qu’elle consomme.

Mais ce serait mentir que de dire que tout est simple. Les start-ups africaines font face à des défis spécifiques : connectivité variable, paiement international complexe, compétences cloud rares, et réglementations locales en pleine évolution.

Cet article dresse un tableau honnête des deux côtés — les opportunités réelles et les obstacles concrets — avec des solutions pratiques pour chacun.

Start-ups africaines utilisant le cloud (2024)57 %
Levées de fonds start-ups africaines (2023)4,5 milliards USD — majorité cloud-native
Fournisseurs avec région en AfriqueAWS (Cape Town) · Azure (Johannesburg + Le Caire) · GCP (Johannesburg)

Sources : Disrupt Africa Report 2024 · Partech Africa 2024

1. Le contexte : pourquoi le cloud est crucial pour l’Afrique

L’Afrique est le continent le plus jeune du monde — 60 % de la population a moins de 25 ans — et le plus urbanisé en croissance rapide. Cette démographie jeune et connectée crée une demande massive de services numériques : paiement mobile, e-commerce, santé digitale, éducation en ligne, logistique.

Le cloud n’est pas simplement un outil technique pour ces marchés. C’est l’infrastructure qui rend possible la réponse à cette demande sans les contraintes du passé.

L’Afrique saute des étapes — le phénomène de leapfrogging

L’Afrique a déjà démontré sa capacité à sauter des étapes technologiques : elle a adopté le téléphone mobile sans passer par la téléphonie fixe, puis le mobile banking sans passer par les agences bancaires traditionnelles. Le cloud s’inscrit dans cette logique.

Une banque française doit migrer des décennies de systèmes mainframe vers le cloud. Une néo-banque lancée à Lagos en 2024 est native cloud depuis le premier jour. L’avantage compétitif est réel — et durable.

La croissance de l’écosystème tech africain

  • Lagos, Nairobi, Dakar, Abidjan, Kigali — ces villes sont devenues des hubs tech reconnus à l’échelle mondiale
  • Plus de 5 000 start-ups tech actives en Afrique en 2025, dont une majorité dans la fintech, la healthtech et l’edtech (Disrupt Africa)
  • Des licornes africaines comme Flutterwave, Wave, MNT-Halan ou Interswitch ont démontré qu’il est possible de construire des entreprises de milliards de dollars depuis le continent
  • Des fonds d’investissement dédiés (Partech Africa, Novastar, 4DX Ventures) injectent des centaines de millions de dollars chaque année

Donnée clé : L’Afrique subsaharienne comptera plus de 615 millions d’abonnés mobiles uniques d’ici 2030 — une base d’utilisateurs potentiels considérable pour les start-ups cloud-native.

Source : GSMA Mobile Economy Africa 2024

2. Les 7 grandes opportunités du cloud pour les start-ups africaines

1.  Lancer vite, sans capital immobilisé en infrastructure

Avant le cloud, lancer un service numérique nécessitait d’acheter ou louer des serveurs, souvent plusieurs mois à l’avance. Aujourd’hui, une start-up peut démarrer avec 50 dollars de crédit cloud et scaler progressivement au rythme de sa croissance. Ce modèle pay-as-you-go est particulièrement adapté aux start-ups africaines qui doivent souvent gérer des ressources limitées et une croissance non linéaire.

Exemple concret : Wave, l’application de mobile money au Sénégal et en Côte d’Ivoire, a construit son infrastructure entièrement sur AWS. La scalabilité du cloud lui a permis de gérer une croissance explosive de millions d’utilisateurs sans refaire son architecture.

2.  Atteindre des clients partout en Afrique — et dans le monde

Le cloud supprime les barrières géographiques. Une start-up basée à Dakar peut servir des clients à Abidjan, Douala ou Kinshasa avec la même qualité de service, sans bureau physique ni infrastructure locale dans chaque pays. Les CDN (Content Delivery Networks) rapprochent le contenu des utilisateurs en réduisant la latence.

  • Route 53 (AWS) : géolocalisation des utilisateurs pour les router vers le serveur le plus proche
  • AWS Africa (Cape Town) : région AWS dédiée au continent, significativement plus proche des utilisateurs d’Afrique subsaharienne
  • CloudFront (AWS) / Azure CDN : distribution de contenu depuis des points de présence à Lagos, Nairobi, Le Caire, Dakar

3.  Rivaliser avec les grandes entreprises sur la technologie

L’un des avantages les plus puissants du cloud pour les start-ups africaines : l’accès immédiat aux mêmes technologies que les multinationales. L’IA générative, le machine learning, les bases de données temps réel, la reconnaissance faciale — tout cela est disponible en quelques clics, sans équipe de recherche ni budget R&D massif.

  • Amazon Rekognition : reconnaissance faciale et d’images — utilisée par des fintechs africaines pour la vérification d’identité KYC
  • AWS Bedrock / Comprehend : traitement du langage naturel — pour des chatbots en langues locales africaines
  • AWS SageMaker : machine learning — pour des modèles de crédit scoring alternatifs sans historique bancaire traditionnel

Une start-up fintech à Lagos peut déployer un modèle de scoring crédit ML aussi sophistiqué que celui d’une grande banque — en quelques semaines, sans data scientist senior en interne.

4.  Résilience et continuité d’activité

Dans des contextes où les coupures de courant sont fréquentes et où les infrastructures physiques sont fragiles, le cloud offre une résilience impossible à atteindre avec des serveurs on-premise.

  • Multi-AZ et Multi-Region : réplication automatique des données dans plusieurs zones géographiques
  • AWS Backup : sauvegarde automatique de l’ensemble des données, sans intervention humaine
  • RTO et RPO de quelques minutes — impossible avec une infrastructure physique locale

Pour une banque mobile ou un service de santé, cette résilience n’est pas un luxe — c’est une exigence réglementaire et une promesse client.

5.  Conformité réglementaire facilitée

Les réglementations africaines sur les données évoluent rapidement — loi sénégalaise sur les données personnelles, RGPD pour les entreprises traitant des données européennes, régulations des banques centrales. Le cloud simplifie la mise en conformité.

  • Chiffrement par défaut : AWS KMS, Azure Key Vault — données chiffrées au repos et en transit sans développement spécifique
  • Audit et traçabilité : CloudTrail enregistre toutes les actions sur l’infrastructure
  • Certifications des fournisseurs : AWS, Azure et GCP sont certifiés ISO 27001, SOC 2, PCI-DSS — des certifications que les start-ups héritent de facto

Point d’attention : La localisation des données (data residency) est un enjeu croissant. Plusieurs pays africains commencent à exiger que certaines données restent sur le territoire national. Vérifiez les exigences de votre secteur et de votre pays avant de choisir votre région cloud.

6.  Accès aux programmes de support pour start-ups

Les grands fournisseurs cloud ont des programmes spécifiques pour les start-ups, souvent très généreux — et peu connus en Afrique francophone.

  • AWS Activate : jusqu’à 100 000 USD de crédits AWS, accès aux coachs techniques, formations gratuites → activate.aws.amazon.com
  • Microsoft for Startups Founders Hub : jusqu’à 150 000 USD de crédits Azure, accès à GitHub Copilot, LinkedIn Premium → foundershub.startups.microsoft.com
  • Google for Startups Cloud Program : jusqu’à 200 000 USD de crédits GCP, mentorat, APIs Google → cloud.google.com/startup
  • AWS re/Start Africa : programme de formation cloud gratuit déployé en Égypte, Kenya, Nigeria, Afrique du Sud

Ces programmes permettent à une start-up africaine de construire son infrastructure cloud gratuitement pendant 1 à 2 ans — un avantage compétitif considérable.

7.  Attirer des talents et des investisseurs

Utiliser le cloud est devenu un signal de sérieux pour les investisseurs et pour les talents tech. Une start-up qui opère sur AWS communique qu’elle a des standards d’ingénierie élevés, une architecture scalable et des pratiques de sécurité professionnelles.

  • Architecture cloud = valorisation plus élevée lors des levées de fonds
  • Avoir des ingénieurs certifiés AWS ou GCP dans son équipe est un signal fort pour les fonds d’investissement
  • Offrir de travailler sur une stack AWS/Kubernetes/Terraform moderne est un argument fort pour recruter des ingénieurs talentueux

3. Les 6 challenges majeurs — et comment les surmonter

Voici les six défis les plus fréquents auxquels font face les start-ups africaines sur le cloud, avec des solutions concrètes pour chacun.

Challenge 1.  Le paiement international

AWS, Azure et GCP facturent en USD ou EUR par carte bancaire internationale. Beaucoup de fondateurs africains n’ont pas accès à une carte Visa/Mastercard internationale.

Solutions

  • Cartes virtuelles : Chipper Cash, Grey, Eversend ou Kuda (profils nigérians) — cartes en USD accessibles depuis plusieurs pays africains
  • Compte Wise Business : compte en devises internationales, disponible dans de nombreux pays africains
  • Partenaires AWS locaux : des revendeurs certifiés facturent en monnaie locale (CFA, Naira…)
  • AWS Activate : offre des crédits sans nécessiter de carte bancaire en amont — postulez en premier

Challenge 2.  La connectivité et la latence

La qualité de la connexion Internet est variable selon les pays et les villes africaines. Une architecture cloud mal pensée peut souffrir de latence élevée pour les utilisateurs finaux.

Solutions

  • Région locale : déployer sur la région AWS Africa (Cape Town) offrant la meilleure latence
  • CDN : utiliser CloudFront (AWS) ou Azure CDN pour rapprocher le contenu des utilisateurs finaux
  • Architecture offline-first : concevoir des applications mobile-first avec mode offline (PWA, synchronisation différée)
  • APIs optimisées : GraphQL et compression des données pour les connexions lentes
  • Tests réalistes : tester avec des connexions 2G/3G simulées dès la phase de développement

Challenge 3.  Les compétences cloud rares et chères

Les ingénieurs cloud certifiés sont rares en Afrique francophone — et donc chers. Beaucoup de start-ups peinent à recruter ou à fidéliser ces profils.

Solutions

  • Formation interne : AWS Activate inclut des formations gratuites — former un développeur existant via LeCloudFacile.com et les certifications AWS
  • Services managés : utiliser RDS, ElastiCache, Lambda plutôt que des services auto-gérés, pour réduire le besoin d’expertise opérationnelle pointue
  • Partenaires locaux certifiés : s’appuyer sur des intégrateurs AWS/Azure certifiés pour l’architecture initiale
  • Communautés : rejoindre les AWS User Groups à Dakar, Abidjan, Lagos, Nairobi pour le partage de compétences

Challenge 4.  La gestion des coûts et les mauvaises surprises

Le cloud peut vite devenir coûteux si l’architecture n’est pas pensée pour l’économie. Les start-ups africaines, souvent à budget contraint, peuvent être surprises par des factures inattendues.

Solutions

  • Alertes budgétaires : configurer AWS Budgets avec des alertes à 50 %, 80 % et 100 % du budget dès le premier jour
  • Free Tier : utiliser AWS Free Tier intelligemment (12 mois de services gratuits)
  • Serverless en priorité : Lambda et DynamoDB facturent à l’usage exact — idéal en phase de démarrage
  • Cost Explorer : activer AWS Cost Explorer pour visualiser et comprendre les dépenses
  • Instances Spot : jusqu’à 90 % moins cher pour les workloads non critiques
  • Dimensionner petit : commencer petit et scaler uniquement selon la croissance réelle

Challenge 5.  La souveraineté et la localisation des données

Plusieurs pays africains commencent à imposer que certaines données restent sur le territoire national — santé, données financières, données gouvernementales.

Solutions

  • Veille réglementaire : suivre l’évolution des lois (PDPA Nigeria, Loi 18-07 Algérie, loi sénégalaise sur les données personnelles)
  • Région africaine : utiliser AWS Cape Town pour les données qui doivent rester en Afrique
  • Chiffrement client : garder les clés de chiffrement localement avec SSE-C ou AWS CloudHSM
  • Documentation : documenter clairement où les données sont stockées pour répondre aux audits réglementaires
  • Conseil juridique : consulter un juriste spécialisé en droit numérique africain avant de choisir son architecture

Challenge 6.  La sécurité et la cybersécurité

Les cyberattaques ciblant les entreprises africaines sont en forte hausse — vol de données, ransomware, fraude financière. Les start-ups sous-estiment souvent leur exposition.

Solutions

  • MFA obligatoire : activer l’authentification multi-facteurs sur tous les comptes AWS dès le premier jour — aucune exception
  • Compte root : ne jamais utiliser le compte root pour les opérations quotidiennes — créer des utilisateurs IAM dédiés
  • Moindre privilège : appliquer le principe du moindre privilège avec IAM sur tous les rôles et utilisateurs
  • Détection des menaces : activer AWS GuardDuty et AWS Security Hub dès le lancement
  • Gestion des secrets : ne jamais mettre de clés d’accès AWS dans le code source — utiliser AWS Secrets Manager
  • Audit : activer CloudTrail pour l’audit de toutes les actions sur l’infrastructure

4. Secteurs en pointe : qui utilise le cloud en Afrique ?

Certains secteurs ont adopté le cloud plus vite que d’autres en Afrique. Voici les plus avancés.

SecteurCas d’usage cloud typiquesExemples de start-ups africaines
FintechPaiement mobile, KYC, scoring crédit ML, conformité réglementaire temps réelWave, Flutterwave, MNT-Halan, Moove, Chipper Cash
HealthtechDossiers médicaux électroniques, télémédecine, diagnostic IA, chaîne du froid vaccinsVezeeta (Égypte), mPharma, Helium Health, 54gene
EdtechStreaming vidéo adaptatif, LMS cloud, certification en ligne, IA tuteuruLesson, Ulearna, Andela, Decagon, LeCloudFacile
AgritechIoT capteurs champs, prévisions météo ML, marketplace agricole, traçabilité supply chainHello Tractor, Twiga Foods, Agrocenta, FarmDrive
LogistiqueSuivi temps réel, optimisation routes ML, gestion entrepôts, last-mile deliveryKobo360, Lori Systems, Sendy, Lalamove Afrique
E-commerceCatalogue produits, paiement multi-modal, recommandation ML, gestion stocksJumia, Souk, Marketforce, TradeDepot

5. Les fournisseurs cloud et leur présence en Afrique

État des lieux en 2026 des trois principaux fournisseurs cloud et de leur déploiement sur le continent africain.

Amazon Web Services (AWS)

AWS est le fournisseur le plus présent en Afrique avec une région complète à Cape Town (af-south-1), ouverte en 2020. C’est la seule région AWS nativement africaine — idéale pour réduire la latence en Afrique subsaharienne.

  • AWS Africa (Cape Town) : 3 zones de disponibilité, tous les services majeurs disponibles
  • Points de présence CloudFront : Johannesburg, Nairobi, Lagos, Le Caire, Dakar — pour la distribution de contenu
  • AWS Activate Africa : programme de crédits et de support dédié aux start-ups africaines
  • AWS re/Start Africa : programme de formation cloud gratuit dans plusieurs pays africains
  • Réseau de partenaires locaux certifiés dans la plupart des grandes villes africaines

Microsoft Azure

Azure dispose de deux régions en Afrique du Sud (South Africa North à Johannesburg et South Africa West à Cape Town) depuis 2019, et d’une région en Égypte depuis 2023.

  • Microsoft for Startups : jusqu’à 150 000 USD de crédits, programme très accessible
  • Avantage Microsoft 365 : pour les entreprises déjà dans l’écosystème Office/Teams, Azure s’intègre nativement
  • Azure Arc : pour les architectures hybrides, utile pour les entreprises avec infrastructure on-premise existante

Google Cloud Platform (GCP)

GCP dispose depuis 2024 d’une région à Johannesburg (africa-south1). La région la plus proche pour l’Afrique francophone occidentale reste europe-west1. Cela crée une latence plus élevée pour certains pays.

  • Google for Startups : jusqu’à 200 000 USD de crédits — le programme le plus généreux des trois
  • Atout IA/ML : GCP est reconnu comme le plus avancé sur les outils IA (Vertex AI, BigQuery ML, Gemini)
  • Google Workspace : très répandu dans les start-ups africaines pour la collaboration
ContexteRecommandation
Afrique subsaharienneAWS Africa (Cape Town) pour la latence, ou Azure Afrique du Sud pour l’intégration Microsoft
Afrique du NordAzure (région Égypte depuis 2023) ou AWS Middle East (Bahreïn/UAE)
Priorité IA / MLGCP reste la référence technique, malgré une région africaine encore récente
Écosystème MicrosoftAzure naturellement — intégration native avec Office 365, Teams, Active Directory

6. Guide pratique : bien démarrer sur le cloud

Un plan en 6 étapes pour les fondateurs et DSI de start-ups africaines qui veulent adopter le cloud de façon intelligente.

Étape 1 — Choisir le bon fournisseur selon votre contexte

  • Afrique subsaharienne → AWS Local Zone au Nigéria, ou AWS Wavelength à Dakar
  • Afrique du Nord → Azure (Égypte) ou AWS (Bahreïn/UAE)
  • Priorité IA/ML → GCP, malgré l’absence de région francophone proche
  • Écosystème Microsoft (Office 365) → Azure naturellement

Étape 2 — Postuler aux programmes de crédits start-up

Ne payez pas le cloud avant d’avoir épuisé les crédits gratuits. Postulez aux trois programmes simultanément — ce n’est pas exclusif.

  • AWS Activate : activate.aws.amazon.com — jusqu’à 100 000 USD
  • Microsoft for Startups : foundershub.startups.microsoft.com — jusqu’à 150 000 USD
  • Google for Startups : cloud.google.com/startup — jusqu’à 200 000 USD

Étape 3 — Configurer la sécurité dès le premier jour

  • MFA (authentification multi-facteurs) sur tous les comptes — obligatoire, aucune exception
  • Ne jamais utiliser le compte root pour les opérations quotidiennes — créer des utilisateurs IAM dédiés
  • Budget alert à 10 USD, 50 USD et 100 USD — pour ne jamais être surpris
  • CloudTrail activé — pour l’audit de toutes les actions sur l’infrastructure

Étape 4 — Commencer petit, scaler intelligemment

L’erreur classique des start-ups : over-engineer l’architecture dès le début. Commencez simple :

  • Un serveur EC2 t3.micro (Free Tier) ou une application serverless (Lambda)
  • Une base de données RDS db.t3.micro (Free Tier) — pas besoin de cluster Aurora au lancement
  • S3 pour le stockage des fichiers et des backups
  • Scalez uniquement quand la croissance le justifie — pas avant

Étape 5 — Former au moins un membre de l’équipe

Avoir une personne certifiée AWS dans l’équipe change tout : elle évite les erreurs coûteuses et rassure les investisseurs.

  • AWS Cloud Practitioner (CLF-C02) : accessible en 6 à 8 semaines, même sans background IT profond — priorité pour le fondateur ou le premier développeur
  • AWS Solutions Architect Associate (SAA-C03) : pour le CTO ou l’ingénieur principal — garantit une architecture solide et économe
  • LeCloudFacile.com : formations, study guides et cheat sheets entièrement en français pour l’équipe francophone

Étape 6 — Rejoindre la communauté cloud africaine

  • AWS User Groups : groupes locaux à Dakar, Abidjan, Lagos, Nairobi, Le Caire — meetups mensuels gratuits
  • Africa Cloud Summit : conférence annuelle sur le cloud en Afrique
  • LinkedIn groupes cloud Afrique : réseaux de professionnels cloud africains très actifs
  • Group WhatsApp LeCloudFacile.com : communauté francophone d’apprenants et de professionnels cloud

7. Ce que les investisseurs regardent en matière de cloud

Pour les fondateurs en phase de levée de fonds, voici les points que les investisseurs tech africains examinent lors de la due diligence technique.

Ce qu’ils regardentSignal positifSignal d’alarme
Architecture cloudCloud-native, scalable, multi-AZ, infrastructure as codeServeurs physiques locaux, pas de redondance, gestion manuelle
SécuritéMFA, IAM strict, chiffrement, audit logs, gestion des secretsCompte root utilisé, clés dans GitHub, pas de MFA
Gestion des coûtsBudgets et alertes, Cost Explorer, rightsizing, architecture économeAucune visibilité sur les coûts, instances surdimensionnées
Conformité donnéesLocalisation claire des données, politique de confidentialité documentéeIncertitude sur la localisation des données, pas de politique documentée
Compétences équipeAu moins un certifié AWS/GCP/Azure, infrastructure as code maîtriséeAucune certification, infrastructure gérée manuellement et non documentée
ScalabilitéArchitecture auto-scalante, tests de charge réalisés, métriques de performancePas de tests de charge, incertitude sur la capacité à scaler

Conseil fondateurs : Préparez un document de 2 à 3 pages décrivant votre architecture cloud — schéma, choix techniques, politique de sécurité, estimation des coûts à 12 et 36 mois. Les investisseurs sérieux vous le demanderont. L’avoir prêt en avance montre votre maturité.

Conclusion

Le cloud est probablement la plus grande opportunité de nivellement technologique que l’Afrique ait connue. Pour la première fois, une start-up à Dakar a accès aux mêmes outils, à la même infrastructure et aux mêmes capacités d’IA qu’une entreprise de la Silicon Valley.

Mais cette opportunité ne se saisit pas sans préparation. La connectivité, le paiement international, les compétences rares et la gestion des coûts sont des obstacles réels qui nécessitent des stratégies spécifiques au contexte africain.

Les start-ups africaines qui réussissent sur le cloud ont un point commun : elles investissent dans la formation de leur équipe avant de s’attaquer à l’infrastructure. Une équipe qui comprend le cloud prend de meilleures décisions architecturales, évite les erreurs coûteuses, et construit des systèmes qui tiennent dans la durée.

Le cloud n’est pas une destination — c’est un levier. Et comme tout levier, il amplifie ce que vous faites : vos bonnes décisions deviennent excellentes, vos mauvaises deviennent catastrophiques. La formation est le meilleur investissement que vous puissiez faire avant de déployer votre première ligne d’infrastructure.

Pour aller plus loin : LeCloudFacile.com propose des formations cloud entièrement en français, conçues pour les entrepreneurs et équipes tech francophones d’Afrique. Certifications AWS, guides pratiques, communauté active — tout ce qu’il faut pour démarrer votre transformation cloud avec les bonnes bases.

Questions fréquentes

Quel fournisseur cloud est le moins cher pour une start-up africaine ?

En profitant des programmes de crédits gratuits, les trois sont comparables au départ. Comparez toujours les coûts selon votre architecture spécifique avec les calculateurs de prix en ligne.

Faut-il une carte bancaire internationale pour ouvrir un compte AWS ?

Oui, AWS, Azure et GCP requièrent une carte bancaire internationale pour créer un compte. Des solutions existent : cartes virtuelles Grey ou Chipper Cash, compte Wise Business, ou partenaires AWS locaux qui facturent en monnaie locale. Les programmes de crédits start-up permettent parfois de démarrer sans facturation immédiate.

Mes données sont-elles en sécurité sur le cloud en Afrique ?

AWS, Azure et GCP investissent massivement dans la sécurité — bien plus que la plupart des entreprises ne pourraient le faire en interne. La sécurité cloud est une responsabilité partagée : le fournisseur sécurise l’infrastructure, vous sécurisez vos données et vos accès. En appliquant les bonnes pratiques IAM et en activant les services de sécurité natifs, votre infrastructure cloud sera plus sécurisée que la plupart des serveurs on-premise africains.

Le cloud est-il adapté aux start-ups avec peu de trafic au démarrage ?

Parfaitement. C’est même là que le cloud brille le plus : vous payez quasi rien au démarrage — ou rien du tout avec les crédits — et vous scalez au fur et à mesure. Les architectures serverless (Lambda, DynamoDB) sont idéales pour les start-ups en phase de validation, avec un coût marginal nul en dessous d’un certain volume.

Comment trouver des partenaires cloud certifiés en Afrique francophone ?

Le répertoire des partenaires AWS (aws.amazon.com/partners) permet de trouver des intégrateurs certifiés par pays. En Afrique francophone, des partenaires existent au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Tunisie et au Cameroun. LeCloudFacile.com via sa  plateforme LCF Talents peut également vous mettre en contact avec des professionnels cloud certifiés dans votre région.